Les jeudis de la SCAM

Dans l’année, 5 projections-débats de film documentaires sont organisées à la SCAM (Société Civile des Auteurs Multimédia) pour les étudiants des masters INA Sup’ (CAV, Production et Patrimoine). Chacune des séances se fait en présence de la réalisatrice ou du réalisateur du film projeté, précédée d’une présentation par deux élèves du master CAV.

Projection 1 – Les enfants du 209, rue Saint-Maur, Paris Xème, Ruth Zylberman – 25 octobre 2018

 

Ruth Zylberman est historienne de formation, diplômée de SciencesPo et de la New-York University. Elle s’intéresse ensuite à la réalisation documentaire et signe plusieurs films avec Serge Moati. Son premier film, Paris-Fantômes, sort en 2001.

Elle réalise plusieurs documentaires, dont les sujets sont extrêmement variés. La Force des femmes dresse le portrait de femmes libres, qui remettent en cause les identités qu’on voudrait leur assigner, de part et d’autre de la Méditerranée. Une présidente pour l’Amérique analyse le travail sur le corps réalisé par les candidats à l’élection présidentielle américaine, qui doivent littéralement se mettre l’Amérique « dans la peau ». Elle consacre un documentaire à l’éditeur Maurice Nadeau, travaille sur la question de la dissidence en Europe Centrale sous la période communiste, et signe un documentaire sur l’empreinte de mai 1968 sur six parcours de vie.

Au delà de ce foisonnement apparent, on peut discerner des problématiques communes dans les films de Ruth Zylberman :

  • La question de l’histoire, en particulier la manière dont elle s’ancre dans le présent.
  • Une attention particulière portée aux singularités. Elle s’intéresse à la manière dont l’histoire s’ancre dans les corps et les mémoires des individus. Elle approche ces histoires singulières à travers des portraits, comme si cette intimité permettait de mieux comprendre l’histoire et ce qui la relie au présent.
  • La question du lieu, seul vestige de l’histoire qui demeure, qui parle à travers des murs, des façades qu’elle veut dépasser, des pavés et des poignées. « La question du lieu, si petit soit-il, même une adresse, est le départ des grandes questions métaphysiques ».

Cette question de l’histoire, des histoires singulières et du lieu se retrouvent dans Les enfants du 209 rue Saint-Maur, Paris Xème. Le film retrace l’histoire d’un immeuble parisien choisi pratiquement au hasard (presque : une certaine esthétique, puis lieu l’est parisien était lieu d’immigration forte). Le projet est de mener une enquête pour reconstituer la vie des habitants de cet immeuble à la veille de la rafle du Vel d’Hiv.